Séminaire Ecrire – Semaine 2

Pendant ce séminaire, nous avons travaillé à partir d’images pour produire un texte. Lors de deux premiers exercices, nous avons dû décrire, sans interpréter, ce que nous voyions sur les tableaux projetés sur grand écran. N’ayant pas réussi à remettre la main sur les peintures, je ne vous poste pas les quelques lignes issues de ces deux exercices (on verra si je parviens à les retrouver par la suite ;)).

Nous avons ensuite étudié des photographies de Fulio Roiter et Luc de la Haye. J’ai choisi d’en exploiter une du premier photographe qui travaille sur le noir et blanc. Je n’ai (encore une fois) pas la photographie mais pour vous donner une idée, j’ai choisi d’écrire sur une photo représentant un paysage enneigé d’où émergent quelques brins d’herbe.

Bonne lecture !


Ce qui nous attrape d’abord, c’est le noir. Ce sont les traits qui s’élancent et qui se courbent qui créent l’image. Ce sont eux qui nous murmurent les mots. Le noir s’impose et nous retient, il pétrit l’histoire et nous la livre sans qu’on ne l’ait réclamée.

Trois tiges farouches osent braver la gravité et tendre vers l’infini, conquérantes visant les étoiles. Les autres, trop timorées, coulent vers le sol, comme pour s’y enfoncer et retrouver la sérénité de la graine. Craignent-elles d’échouer à tutoyer le ciel ? Ou préfèrent-elles s’épanouir dans l’ombre de leurs glorieuses voisines ?

Quand enfin le regard s’est abreuvé de ces fines herbes noires, une fois qu’il n’a plus soif de découvrir leurs limites et leurs espoirs, lorsqu’il s’est rempli de leur avenir, il peut alors découvrir le blanc.

Le blanc empoisonne doucement l’iris, le brûlant par son froid et l’aspirant dans son néant. Il n’est rien mais il est tout. Il joue avec le noir tout en lui refusant le droit d’exister. Il est arrière plan mais il est central. Il aveugle et il attire.

La neige se fait manteau et obstacle. Elle enrobe l’herbe pour mieux se mettre en avant. Elle agresse les yeux. Elle apaise les sens.

Les minuscules flocons qui se sont agglomérés sur l’herbage cherche à avaler toutes les formes du paysage, à gommer toutes les aspérités de la terre, à ensevelir tous les indices du passé. L’herbe se révolte et pousse inlassablement, s’extrayant de la couche blanche qui l’enrobe, luttant pour survivre jusqu’au redoux.

 

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