Liste des possibles impossibles

En vérifiant le contenu de mon blog, je me suis rendue compte que j’avais oublié de poster le dernier texte écrit dans le cadre de l’atelier Ecrire au 21ème siècle. Le prof nous avait donné comme défi d’écrire sur le possible et  l’impossible. Inspirée par les fêtes de fin d’année et particulièrement les bonnes résolutions, cela a donné naissance à ma dernière production pour cet atelier.


 

En janvier, il y a les traditionnelles bonnes résolutions à prendre, une coutume qui consiste à se fixer des défis à réaliser durant l’année. En général, ça tourne autour des mêmes sujets : perdre du poids, arrêter l’alcool et/ou la cigarette, trouver l’amour, faire des économies, avoir une promotion, faire plus de sport …

Tout ça me semble assez lointain de mes désirs. Si l’on me demandait de me fixer des bonnes résolutions, je ne pourrais pas être sérieuse et pour me démarquer des souhaits banals qui sont d’ordinaire énoncés, je me donnerai des objectifs originaux et en lien avec mes capacités (ou plutôt, mes incapacités) – c’est ce que j’appellerai la liste des possibles impossibles :

– Réussir à lécher mon coude.

– Ne pas prononcer un seul mot de la journée.

– Tenir une nuit blanche sans m’endormir au petit matin ou dans la journée suivante.

– Poser un pied sur chaque continent avant 2016.

– Penser à boire un litre et demi d’eau par jour, au minimum.

Evidemment, sans forcément prendre de bonnes résolutions, j’ai des objectifs personnels que je compte bien mener à terme. Cette fois-ci, on parlera plutôt de possibles possibles parce que j’aurais l’envie de me donner les moyens pour parvenir à réaliser ces défis.

– Reproduire des bâtiments connus dans Minecraft.

– Tenir ma boîte à souvenirs heureux à jour.

– Ecrire un roman en deux mois (en me laissant les week end pour me reposer).

– Apprendre à jouer du piano et de la guitare.

– Manger de façon saine et équilibrée (au moins trois fois par semaine).

Mais pour compliquer un peu la tâche et rendre l’objectif un peu plus poétique, je pourrais aussi y glisser des défis plus corsés, mes impossibles possibles, présents pour me guider et me rassurer :

– Ramasser les rêves fissurés pour en faire le terreau des rêves à venir.

– Bâtir une maison dans l’Imagination pour pouvoir m’y ressourcer de temps en temps.

– Cueillir une larme pour en faire de la poussière d’étoile.

– Trouver la réponse du savant et la réponse du poète à chaque question que je me pose.

– Ouvrir des portes et des fenêtres à mes émotions plutôt que de les enfermer en prison.

Enfin, pour boucler la boucle, je pourrais imaginer des impossibles impossibles, des défis que je ne pourrais jamais relever. Mais puisqu’ils sont impossibles, où est l’intérêt d’en faire la liste ?

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Douzième semaine

Pour conclure ces douze semaines d’écriture et d’atelier, j’ai décidé d’innover légèrement l’exercice. J’ai gardé la contrainte de l‘anecdote et j’ai écrit un souvenir datant de 2013 par jour, chaque phrase ayant un rapport avec ce que j’avais vécu un an plus tôt.

Voilà qui conclut donc un semestre. Bonne lecture !

30/12/14 : Il y a un an, j’ai écrit toute la journée.

 31/12/14 : Il y a un an, je préparais le réveillon du nouvel an.

 01/01/15 : Il y a un an, je me réveillais en 2014.

 02/01/15 : Il y a un an, j’ai fissuré l’écran de mon ordinateur en marchant dessus.

 03/01/15 : Il y a un an, nous nous sommes rencontrés.

 04/01/15 : Il y a un an, j’installais mes programmes et mes données sur mon nouvel ordinateur.

05/01/15 : Il y a un an, je terminais mon mémoire « L’enfant écrivain ».

Onzième semaine

Même si j’étais en vacances pendant deux semaines pour profiter des fêtes, j’ai écrit une phrase par jour, afin de poursuivre l’exercice initié dans le cadre de l’atelier Ecrire au 21ème siècle.

Comme d’ordinaire, il s’agit d’un mélange entre anecdotes et poésie, parfois les deux en même temps. Enjoy !

23/12/14 : Les enfants, le nez collé aux vitres, guettent avec espoir les premiers flocons de neige tant désirés.

24/12/14 : Père et fils additionnés, cela fait un total de soixante six hivers à fêter dans la même journée.

25/12/14 : Les aiguilles effilées veillent sur les paquets enrubannés au coin de la cheminée.

26/12/14 : Il suffit d’un rien pour qu’un bon skieur passe un mauvais quart d’heure.

27/12/14 : Délicieuses odeurs qui s’enroulent autour des convives et font saliver les papilles.

28/12/14 : La loi du plus fort est dépassée ; pour survivre de nos jours, il faut simplement savoir s’adapter.

29/12/14 : Il faut mettre sa main devant sa bouche lorsqu’on tousse, sauf si on tient à se venger d’être malade en contaminant tout son entourage.

Dixième semaine

La dixième semaine des phrases du jour marque le début des vacances scolaires et la fin des cours. Après trois mois d’études au sein du Master Création Littéraire, nous avions passé nos examens écrits, rendus nos dossiers et nous nous préparions à fêter Noël.

Pas de renouvellement de l’exercice. Les phrases sont toujours des anecdotes plus ou moins saupoudrées de poésie. La fatigue commençait à se faire ressentir.

Bonne lecture !

16/12/14 : Maudite insatisfaction permanente qui nous pousse à toujours revoir ce qu’on estimait pourtant fini !

17/12/14 : Quand le Petit Chaperon Rouge se rebelle, le Loup préfère se faire la belle.

18/12/14 : Vingt-deux bougies brillent vivement dans la pénombre avant d’être soufflés dans le secret d’un vœu.

19/12/14 : Sept enveloppes partent à travers la France pour apporter des sourires et de l’émotion à sept amis trop loin de moi.

20/12/14 : Le volet final d’une trilogie fantastique défile sur l’écran à grands renforts de monstres et de combats épiques.

21/12/14 : C’est toujours au moment de fermer la boutique que les clients prétendent avoir besoin d’un conseil urgent.

22/12/14 : Petit à petit, le virtuel se glisse dans nos vies.

Neuvième semaine

J’ai pas mal de retard dans la publication des articles « Phrases du jour » mais je prends enfin le temps de mettre cette catégorie à jour.

Pour la neuvième semaine, j’avais décidé d’innover un peu. Bien sûr, je garde la contrainte de l’exercice (écrire une phrase par jour) mais cette fois-ci, les sept phrases sont en lien les unes aux autres, formant une minuscule morale.

Bonne lecture !

09/12/14 : Les mots sont précieux. Respecte les.

 

10/12/14 : Ne les offre qu’aux personnes qui les méritent.

 

11/12/14 : Ne les gâche pas pour quelqu’un qui ne saura pas les apprécier.

 

12/12/14 : Si tu les jettes au vent, c’est pour que la brise les amène aux êtres aimés.

 

13/12/14 : Si tu les couches sur le papier, c’est pour illuminer les yeux de tes lecteurs.

 

14/12/14 : Si tu les graves dans ton cœur, c’est pour ne pas oublier leur importance.

 

15/12/14 : Les sentiments, c’est pareil que les mots.

Regard croisé

Avant dernier atelier du semestre (et de l’année aussi, car nous n’aurons pas d’atelier au second semestre qui est consacré à notre projet littéraire). L’exercice était, comme à la fin du précédent atelier, de prendre une photo (ou garder celle de l’indin Navajo) et de parler du regard (le prof n’est pas très stricte sur les consignes, si on voulait simplement écrire un texte autour de la photo sans passer forcément par le regard, il était également satisfait).

J’ai hésité à prendre une photo de Grégory, mais je trouvais ça un peu trop personnel et je n’avais pas forcément envie que tout le monde mette un visage sur son nom. Donc j’ai plutôt choisi de rendre hommage à Pierre Bottero avec un texte pas très long (le rendu des examens ayant commencé et m’obligeant à me concentrer sur le peaufinage des dossiers).

J’avoue que j’ai écrit le texte sans m’inspirer d’une photo car le texte m’ait venu très naturellement. Il gagnerait probablement à être retravaillé mais je vous laisse le découvrir.

AVT_Pierre-Bottero_161J’ai vu une fille aux yeux violets destinée à détruire le Verrou

Je l’ai vue se battre pour un Dragon et une Dame

Je l’ai vue repousser les limites de l’Imagination

J’ai vu une femme aux longs cheveux noirs arpenter la Voie

Je l’ai vue aller plus loin que les autres marchombres

Je l’ai vue recevoir un héritage et venger celui qui l’avait guidé

J’ai vu deux adolescents se rencontrer grâce à un vieux sage

Je les ai vus tomber amoureux et se cacher loin des Familles

J’ai vu leur enfant mettre un terme à la fin du monde

J’ai vu des enfants devenir les héros d’une aventure

J’ai vu des enfants se battre contre des maladies

J’ai vu des enfants réaliser leurs vœux

J’ai vu des pages blanches se noircir

J’ai vu des feuillets s’empiler sur mon bureau

J’ai vu mes livres être publiés

J’ai vu des personnes attendre pendant des heures pour avoir une dédicace

J’ai vu des personnes échafauder des théories sur mes univers

J’ai vu ma femme et mes deux filles être fières de moi

J’ai vu le bitume qui défilait sous mes roues

J’ai vu la chute au ralenti et la route qui n’attendait que de me recevoir

J’ai vu les lumières de l’ambulance venue me porter secours

Et puis, plus rien.

Je n’arrive pas à dire …

A la fin de l’atelier de mardi, il nous restait un peu de temps (ça devient une habitude !) alors le prof nous a montré une photo d’un indien navajo et nous a demandé d’écrire ce qu’on voyait dans son regard.

Evidemment, le texte est très court car nous n’avons eu que quelques minutes pour rédiger. Je n’ai pas retrouvé la photo exacte que le prof nous a montré, donc je vous en propose une semblable, qui fait naître chez moi les mêmes émotions que celle de base, et qui, je pense, colle donc au texte.

hf267_grandeJe n’arrive pas à dire la douleur de ma solitude.

Je n’arrive pas à dire la peur de la multitude.

Je n’arrive pas à dire les mots qui se bousculent derrière mes yeux.

Je n’arrive pas à dire les images qui se pressent contre mes lèvres.

Je n’arrive pas à dire la tristesse qui noie mon corps.

Je n’arrive pas à dire la cicatrice tracée dans mon âme.

Je n’arrive pas à dire au soleil que sa caresse me réchauffe.

Je n’arrive pas à dire à la lune que son éclat me rassure.

Je n’arrive pas à dire.

Je n’arrive pas à dire.

Totem voyageur

Pour cette antépénultième séance, il fallait donner la parole à un totem (objet qui nous accompagne dans la vie ou qui revêt une certaine importance pour nous) ou parler d’un tabou (principe, mode de vie, opinion qu’on n’ose pas assumer ou qu’on ne cautionne pas).

J’ai choisi le totem parce que ça me parlait beaucoup plus que le tabou. Saurez-vous deviner quel totem j’ai choisi ? 😉


Ça faisait un bon moment que j’étais sur cette étagère blanche. Je ne sais pas très bien compter et j’ai un peu perdu le fil du temps parce que le nombre de jour passé dans cette boutique est devenu trop important pour que je m’en souvienne. Alors je ne pourrais pas vous dire exactement depuis quand je suis sur mes pattes, à attendre qu’on me remarque. Mais c’était très long, croyez-moi.

Mon étagère donnait sur les portes vitrées automatiques qui s’ouvraient dès que quelqu’un s’en approchait. Mais je ne voyais pas grand-chose, caché derrière mes semblables du premier rang. Parfois, l’espace devant moi se dégageait lorsqu’un touriste s’emparait de celui qui était devant moi. Alors, j’avais l’occasion d’observer la boutique : les T-shirts avec des animaux peints dessus, les cartes postales de toutes tailles et de toutes formes, les jeux de société et les albums photos hors de prix, les porte-clés et les peluches sur les présentoirs …

Et lorsque les stores n’étaient pas baissés sur les vitres, je pouvais admirer le sol de terre battue, le mur en bois du bâtiment qui faisait face à la boutique, les panneaux d’indications colorés – je ne me souviens plus vraiment de teintes et de leurs significations, mes souvenirs s’estompent dans les brumes de ma mémoire –, le ciel d’un bleu pur et les arbres agités par la brise.

Evidemment, ce plaisir ne durait jamais très longtemps. On remettait rapidement un autre de mes semblables devant moi, pour ne pas laisser de trous dans les étagères. Etait-ce trop compliqué de me mettre au premier rang ? Pourquoi continuait-on de remettre quelqu’un devant moi ? J’avais envie d’être choisi, moi aussi, depuis le temps que j’attendais. Je voulais partir à la découverte du monde, goûter le soleil, embrasser le vent, sentir un air moins poussiéreux, être aimé par un enfant …

Mais toujours, un de mes semblables était replacé devant moi. Je trouvais le temps long. Pour occuper mes journées, je rêvais la vie que je n’aurais jamais. Les autres produits de la boutique s’en allait les uns après les autres, presqu’aussitôt remplacé sur les étagères. Et moi, j’attendais. Toujours.

Un après-midi, alors que je me demandais ce que ça faisait d’être un vrai animal et si je préfèrerai la liberté ou la captivité, deux touristes sont entrés. Je ne voyais rien mais j’ai entendu les portes automatiques s’ouvrir et la conversation qu’ils tenaient. Un garçon et une fille. Le premier exhortait la seconde à acheter un souvenir.

— J’ai envie de t’offrir un truc, pour te faire plaisir.

— On ne va pas dépenser notre argent en futilité ! protestait la fille.

— Allez, choisis un truc. Pour me faire plaisir.

— Je croyais que c’était toi qui voulais me faire plaisir.

— Bien sûr que je veux te faire plaisir, mais te faire plaisir me fait plaisir aussi, car ton plaisir est aussi le mien, c’est un plaisir partagé. T’es pas d’accord ?

— Euh … Je ne sais pas si j’ai bien compris la question.

Ils déambulaient dans le magasin et je ne les écoutais déjà presque plus. Je continuais de réfléchir à ce que je préfèrerai, la liberté ou la captivité, lorsque la fille a fini par se planter devant mon rayon. Elle a fait un pas sur le côté, disparaissant du peu de vision que j’avais sur elle, et puis, elle est revenue devant moi.

La fille a semblé hésiter encore un instant, puis s’est accroupi pour se mettre à la hauteur de mon étagère. Elle a écarté les deux peluches qui étaient devant moi et m’a attrapé sans se rendre compte de l’émotion qu’elle faisait naître en moi. Etait-ce un rêve ? Quelqu’un me choisissait vraiment ? N’était-ce pas un faux espoir ? Allait-elle me reposer sur l’étagère après m’avoir examiné ?

— Tu prends ça ? a demandé le garçon.

— Il est mignon, hein ? J’ai pris celui du fond, parce que j’aime pas ceux de devant, tout le monde les tripote toute la journée.

Ils sont allés payer et moi, si j’avais eu un cœur, je l’aurais senti battre à tout rompre contre mes côtes. La fille avait un T-shirt blanc avec des dessins. C’était peut-être de l’écriture, mais comme je ne sais pas lire, je ne saurais vous dire avec précision ce que c’était, à part que c’était bleu et noir. Le garçon portait le maillot de l’équipe de football locale. C’étaient clairement des touristes. Mais cette information m’a emplie de joie. Qui dit touristes, dit voyage. Qui dit voyage, dit découvrir le monde.

Aujourd’hui, j’avais non seulement gagné le droit de quitter mon étagère, mais en plus, je n’allais pas finir coincé entre deux peluches oubliées dans la chambre d’un enfant. J’allais avoir l’occasion de réaliser mon rêve. Grâce à un garçon qui aimait faire plaisir et une fille qui n’aimait pas prendre les objets sur le devant des étagères.

Huitième semaine

Avec la remise des travaux écrits qui approchent à grands pas (moins d’une semaine pour les premiers dossiers à rendre), le temps d’écriture se réduit comme peau de chagrin. J’ai bien du mal à tenir les délais des phrases du jour. Mais elles sont là, flambant neuf, même si très minimaliste et pas forcément très bien travaillées.

A vous de donner votre avis 😉

02/12/14 : Afficher un sourire tremblant sur le quai pour dissimuler le regard qui refuse le départ.

03/12/14 : Compter les nuits qui me séparent des retrouvailles avec mon futur.

04/12/14 : Le cœur vit un choc temporel lorsqu’on écoute un présent qui se bat pour le futur nous raconter son passé.

05/12/14 : Ajouter des paillettes au papier coloré sur lequel j’écris ma vie.

06/12/14 : Fusillade au laser pour resserrer les liens d’amitié.

07/12/14 : Muscles qui roulent sous la peau tendue vers un défi commun.

08/12/14 : Ecrire, encore et encore, parce qu’on ne sait rien faire de mieux.

Instant volé

A la fin du l’atelier de la première semaine de décembre, comme il nous restait un peu de temps, le prof nous a demandé d’écrire sur l’instant avant de quitter la salle. C’était une consigne assez vague et plutôt difficile à exécuter, car il fallait qu’on écrive rapidement pour pouvoir lire notre extrait avant la fin du cours (donc pas le recul d’une semaine pour travailler le texte, juste quelques minutes).

Par conséquent, c’est un texte très court que je vous propose de découvrir.


 

Le froid de l’hiver traverse les murs pour se coller contre ma peau.

La chaleur de la pièce assourdit mes pensées, embrume mon cerveau, comme si un brouillard épais s’était levé dans ma tête.

Le sommeil me pique les yeux et alourdit mes paupières.

Le confort de ma couette, petit cocon de chaleur, m’appelle à lui. Mon oreiller me supplie de le rejoindre, j’entends ces lamentations d’ici.

Je veux me lever de cette chaise mais j’ai l’impression d’être trop lourde. De toute façon, le cours n’est pas fini. Et ce n’est pas poli de partir ainsi, avant que le prof ait fini de parler.

Instant unique, pareil à nul autre. Et qui pourtant, se répète tous les jours, sur une gamme de variations infinies.