Phrases du jour – Semaine 8 – Herbier feu follet

Décembre s’entame pendant que 2015 fait ses bagages. Noël se profile et dans son ombre, 2016 fait ses derniers préparatifs avant sa grande entrée en scène.

Pour les étudiants du master création littéraire, c’est la dernière ligne droite, le branle-bas de combat des examens. Relectures des devoirs, conclusions jetées à la hâte, impressions des écrits … La majorité de nos textes du premier semestre sont à rendre pour la semaine du 14 au 18. Alors, on se hâte de peaufiner (ou pour certains de commencer).

Les phrases du jour de cette semaine sont issues d’un brouillon pour l’un de ses devoirs (texte de création dans le cadre de la Littérature comparée sur le thème des Pensés Sauvages). Les laisser dans le rendu final aurait entraîné un manque de cohérence avec le reste des écrits. Les abandonner aurait été cruel. Alors, je vous les fais parvenir via mon blog. Bonne lecture.

 

30-11-15 : Si tu te couronnes de lauriers, veille à ne pas trop t’en vanter.

01-12-15 : Artichaut épluché, cœur fragile dévoilé.

02-12-15 : Jette aux orties les déchets qui percutent tes pensées.

03-12-15 : Prends la clé des champs pour ouvrir ton âme à la nature des autres.

04-12-15 : Ose prendre de la graine pour éclore dans le savoir d’un autre.

05-12-15 : Raconter des salades pour cultiver ses choux gras.

06-12-15 : Faucher sa culture comme les blés pour mieux la distribuer.

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Phrases du jour – Semaine 7 – Farandole de pronoms

Pour cette semaine (laborieuse), j’ai choisi d’écrire sur les pronoms. L’idée m’est venue spontanément le lundi lors du cours de Littérature comparée mais c’est révélé plus ardue à réaliser que je ne le pensais. Entre les voyages en train, Noël (et donc ses achats, emballages, décorations et autres préparatifs) qui se profile et les devoirs qu’il faut finaliser, les phrases du jour doivent sortir presque instinctivement tant j’ai peu de temps à leur accorder.

Résultat par conséquent assez moyen. Mais publié quand même. Parce que les routes de l’écriture sont aussi pavées de brouillons, de ratures et de réécritures. Bonne lecture quand même !

 


 

23-11-15 : Je est toi.

24-11-15 : Nous meurt sans tu.

25-11-15 : Moi, familier étrange.

26-11-15 : Toi, étrange familier.

27-11-15 : Eux, c’est vous sans nous.

28-11-15 : Puisse la graine de on fleurir en je.

29-11-15 : Île des elles pour s’y réfugier, ailes des ils pour s’en envoler.

Phrases du jour – Semaine 6 – Évacuation des pensées parasites

Du retard dans la publication. La fin de l’année approche, les dates de remise des devoirs aussi. Au milieu des réflexions sur les différents thèmes traités dans les écrits, des pensées qui parasitent. Évacuation ou noyade de l’esprit.

Même couchées sur le papier, certaines continuent de tourner en rond derrière le front. Échec partiel, réussite fragmentée. Envie besoin de reprendre E-réel. Nécessité obligation de finir les devoirs avant de replonger dans la fiction.

Au final, tant qu’on me laisse écrire, je survis.

 


 

16-11-15 : Pansement de colère sur ses blessures amères.

17-11-15 : Tomate ou grimace, tout n’est plus qu’une histoire de soupe.

18-11-15 : Tu ploies dans l’ombre de tes jours dansants.

19-11-15 : Le temps qui s’écoule est le défaut de notre jeunesse et l’atout de notre vieillesse.

20-11-15 : Cent sangs sans sens.

21-11-15 : Le fil des jours érode les sentiments las et sublime les amitiés éternelles.

22-11-15 : On n’est pas immortels mais je t’aime quand même.

Phrases du jour – Semaine 5 – Quand les maux nous gagnent

Thèmes du courage et de la volonté inspirés avant les tristes événements du 13 novembre 2015. Les phrases ont un relief particulier à la lumière de ces derniers jours. Les mots s’échappent des maux mais ont du mal à panser les blessures.

Je ne saurais trop vous conseiller L’Autre de Pierre Bottero en ces temps douloureux où la planète est secouée par les catastrophes, meurtries par les bombes, endeuillées par les vies volées. Au-delà de l’aspect fantastique qui teinte les récits de Pierre, il y a un message singulier sur l’Humanité qui s’éteint que l’on devrait tous avoir en tête, afin de raviver cette flamme qui brille en nous. Une bien piètre consolation par rapport au deuil qui frappe tant de familles d’ici et d’ailleurs.

Bonne lecture. Restez en paix.


 

09-11-15 : Le courage est un relief qui ne se trouve qu’une fois l’âme lissée par les ténèbres.

10-11-15 : Les voyages les plus formateurs sont ceux qui nous amènent au bout de nous-mêmes.

11-11-15 : On est tous le héros d’un autre.

12-11-15 : L’espoir est un moteur puissant ; la colère en est un dévastateur.

13-11-15 : Les graines du futur éclosent dans les rires des enfants.

14-11-15 : C’est parfois dans ses larmes qu’on puise la force d’avancer.

15-11-15 : La justice s’injustifie lorsqu’elle est ensanglantée par la vengeance aveugle.

Phrases du jour – Semaine 4 – Je pense donc je suis.

Début du mois de novembre. Une phrase qui tourne dans la tête, qui refuse de se détacher, qui s’incruste dans mes pensées et y fore son nid. Je pense donc je suis.

Pour l’extraire une bonne fois pour toute, rien de plus efficace que de la coucher sur papier. Un peu comme ces chansons qui bouclent dans nos têtes et qu’on ne peut délacer de notre esprit qu’après s’être époumoné à les chanter.

Résultat après une semaine de travail sur moi-même. Détournement des sonorités et extensions des syllabes comme remède. Bonne lecture !

 

02-11-15 : Je panse donc j’essuie.

03-11-15 : J’encense donc j’enduis.

04-11-15 : Je pense donc tu fuis.

05-11-15 : J’épanche donc j’épuise.

06-11-15 : Mes cendres donc ta suie.

07-11-15 : Tu mens donc j’appuie.

08-11-15 : Je danse donc je luis.

Phrases du jour – S3 – Échappée du quotidien désabusé

26-10-15 : S’évader dans une contrée qu’on n’oserait inventer et s’y enfoncer pour l’éternité.

27-10-15 : Nager dans une goutte de rosée pour y boire le nectar des matins brumeux de demain.

28-10-15 : Capturer la joie qui pétille dans les yeux d’un inconnu afin d’éteindre les braises de nos peurs lancinantes.

29-10-15 : Sauter à pieds joints dans le plein du vide ; s’éclabousser d’un rire silencieux.

30-10-15 : Consolider ses rêves et réparer ses espoirs fragiles.

31-10-15 : Avaler à grandes gorgées l’air ambiant pour s’imprégner des émotions qui y baignent.

01-11-15 : Se blottir dans les roulades cotonneuses de l’imagination et y revivre – enfin.

Écrire au 21ème siècle – Semaine 1 – Photographies

Nicole Caligaris, l’écrivaine avec laquelle nous travaillons dans le cadre du séminaire Écrire au 21ème siècle, nous avait demandé, pour cette première semaine, de choisir parmi une collection de photos qu’elle avait ramenée un cliché sur lequel nous aimerions écrire.

Cela devait servir de base à un grand projet commun à tout l’atelier : construire le cabinet de curiosités de Holan Cavendish (un personnage inventé de toutes pièces). Le projet est cependant en discussion, donc peut-être sera-t-il abandonné au cours des prochains ateliers. Affaire à suivre.

Je vous laisse donc découvrir le texte. Ci-dessous, la photographie d’après laquelle j’ai écrit (désolée pour la mauvaise qualité, c’est pris avec l’appareil photo de mon téléphone). Bonne lecture !

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La photographie m’a interpellé in extremis avant que je ne la piétine. J’eus le temps de dévier mon pied de quelques centimètres et curieux, je m’arrêtai pour observer ce rectangle aux bords déchirés. Une femme, assise dans un fauteuil de jardin en toile, lit un livre sur un arrière plan champêtre.

Etait-ce le chant des arbres qui m’avait alerté ou bien la promesse de langueur concentrée dans les quelques centimètres de papier glacé ? D’où pouvait bien provenir cette photographie ? Etait-elle tombée d’un portefeuille ? Avait-elle était jetée d’une collection ? Arrachée d’un album de souvenirs ?

Je n’en savais rien mais j’étais désormais fasciné par ce morceau de papier glacé qui tendait vers moi la parcelle de vie qu’il immortalisait et dont le cadre aspirait mon regard.

La femme est le point central de la photographie. Le récit semble la détendre. Mais il ne pourra pas combler les sillons qui se tracent au coin de ses yeux et de sa bouche, seulement les adoucir.

Elle s’est probablement installée dans son jardin, par une matinée d’été, profitant d’un moment de répit entre les bousculades de l’imprévu et de la routine. Le livre qu’elle tient est son abri de papier, la source dans laquelle elle puise la force d’affronter les aléas de la journée.

Je me penche pour ramasser la photographie. Lorsque je la toisais de ma hauteur, je n’en saisissais pas les détails. Maintenant, une odeur de tarte aux myrtilles m’enivre tandis que je découvre le titre du livre que tiens cette femme. Journal d’un curé de campagne. Je peine à déchiffrer le nom de l’auteur, déconcentré par les cris des enfants qui se chamaillent à l’étage. Georges … Georges Quelquechose.

Ma main me démange et je sens presque le grain du livre contre la pulpe de mes doigts. Le cliquetis des bracelets de Mama Ana résonne dès qu’elle tourne une page, comme une ritournelle paresseuse qui me berce et m’entraîne plus profondément dans un souvenir immortalisé. Ricardo vient de pousser Léona. La petite pleure. Mama Ana ne s’en soucie pas. Elle lit. Que Papa Alfonso s’en débrouille.

Sa grosse voix tonne dans les escaliers. Il exige que le bazar cesse immédiatement ou alors, les claques vont pleuvoir. Si le chant des cigales s’interromps, le temps de laisser Papa Alfonso gronder les petits enfants turbulents, la respiration légère de Mama Ana ne s’affole pas. Elle oublie le temps, elle oublie la vie. Elle lit.

Soudain, elle ferme son livre d’un coup sec. Comme si une horloge interne venait de la prévenir qu’il était l’heure d’aller sortir la tarte du four, elle se lève. Fin de sa parenthèse dorée. La vie reprend son œuvre.

J’allais suivre Mama Ana jusqu’à la cuisine et peut-être lui quémander une part de son dessert aux myrtilles lorsqu’on me bouscula, un coup d’épaule maladroit mais trop parfaitement ajusté qui me tira de mon analyse iconographique.

Je fusillai du regard l’homme qui m’avait arraché de ma contemplation. Je ne reçus pas un mot d’excuse, pas un geste désolé. Seul son dos me fixait, hautain et majestueux, ignare de son acte cruel.

Je fourrai le rectangle de papier photo dans ma poche. Je savais que le charme était rompu. Pour le moment du moins. J’attendrai d’être dans un endroit plus calme pour me replonger dans ce souvenir d’été de Mama Ana.

Phrases du jour – Semaine 2 – Sonorités bousculées

19-10-15 : Cric et craque quand claque et clic.

20-10-15 : Vent d’antan fend les rangs en chantant et pend le temps lent.

21-10-15 : Fruit du plaisir, frivole envol, frappe le sol, frotte les rires.

22-10-15 : Fouille la rouille qui te souille pour en sortir les sourires de ton avenir.

23-10-15 : Feints ta vie, vis des fins ; plies en vain, vaincs des plis.

24-10-15 : Amour sourd qui court, trop lourd, et le jour devient gourd.

25-10-15 : Vend du rêve ou rêve du vent : promesse qui s’affaisse et qui blesse.

Phrases du jour – Semaine 1 – Valse des émotions sur un air de poésie

Durant le semestre, je vais m’appliquer à suivre l’exercice que je pratiquais dans mon option Ecrire au 21ème siècle l’année dernière (ceci étant un à-côté des textes que je rédige dans le cadre de mon cursus) : produire une phrase par jour, en jetant mes idées premières sur le papier et en les polissant au besoin.

Cet exercice m’avait beaucoup plu. Mes débuts avaient été assez timides mais au fil des semaines, je m’étais libéré et j’avais exploré des recoins d’écriture que je ne me soupçonnais pas capable d’atteindre.

A chaque jour sa phrase et à chaque semaine, sa publication, donc. Cette fois-ci, j’étais inspirée par l’ambiance poétique mais je visiterai probablement plusieurs thèmes au fil du temps. Bonne lecture !

 


 

12-10-15 : Souffle la pluie et claque le vent, contre les chœurs de nos âmes d’avant.

13-10-15 : Étincelle de sourire tombée de tes yeux, droit dans mes larmes des jours plus vieux.

14-10-15 : L’ancre qui éclot à l’aurore de ma joie se noie dans les remous de ta voix.

15-10-15 : Pêle-mêle amer ronge tes chaînes et fourvoie les prémices de la haine.

16-10-15 : Coude à coude qui déroute et dans la complicité surgit ma clé de voute.

17-10-15 : Poème chaloupé du néant gisant dans le silence des yeux d’un enfant.

18-10-15 : Tourbillon aux couleurs parfumées qui explose et dans le creux de la mémoire se repose.