Ecrans de papier : littérature et cinéma

L’un des trois séminaires obligatoires de ce premier semestre traitait du rapport entre littérature et cinéma et s’intitulait très joliment Ecrans de Papier.

Nous avons eu trois livres à lire : Point Oméga de Don Delillo, Le Livre des illusions de Paul Auster et Cinéma de Tanguy Viel. Nous avons étudié chacun de ces ouvrages en nous focalisant sur les différents rapports avec le cinéma qu’elles entretenaient (évocation d’une œuvre, méthodes de prise de vue appliquées à la littérature, film en tant que point central du roman, description de ce qu’il se passe derrière la caméra …).

Nous avons également visionné quelques extraits des films Micropolis et Sleuth et nous avons discuté de la manière de réaliser ces deux œuvres, qui étaient toutes les deux très intéressantes et plus complexes qu’on pourrait le penser si l’on regarde le film sans être avertis.

Pour l’évaluation de ce séminaire, nous avions le choix entre :

– monter un dossier de recherche (mini-mémoire) sur un sujet au choix en lien avec le séminaire (10-15 pages)

– rédiger un écrit de fiction évoquant un film réel (5 pages minimum) accompagné d’une note d’intention (1 page minimum)

J’avais choisi l’écrit de fiction depuis le départ (je n’avais pas du tout envie de me replonger dans un mémoire, même miniature !) et je voulais tourner ça autour du Seigneur des Anneaux. Je ne savais pas vraiment comment amener le film et d’un coup, j’ai eu l’idée d’un dialogue entre deux étudiants discutant de la place de la femme dans l’oeuvre de Tolkien.

Après avoir fait des recherches et rédiger toute la fiction, je me suis rendue compte que mon sujet aurait été parfait pour un dossier de recherche. Mais même si j’ai pensé à tout déconstruire pour en faire un dossier, j’avais absolument pas le courage de trouver un plan et des ouvrages à coller en bibliographie. Donc je suis restée sur la fiction.

Je posterai probablement le résultat en février ou mars. J’attends que les notes du premier semestre soient tombées avant de diffuser ce que j’ai rendu.

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Point Oméga

Point Oméga de Don DeLillo.

Traduit de l’anglais par Marianne Véron.

Résumé :

New York. Depuis plusieurs jours, un homme vient, seul, assister, dans une salle du MoMA, à la projection au ralenti du film d’Hitchcock Psychose, proposée, sous le titre 24 Hour Psycho, par le plasticien Douglas Gordon.

Bien loin de là, en plein désert, le taciturne Richard Elster, universitaire à la retraite, accueille avec réticence chez lui le jeune cinéaste Jim Finley, qui s’intéresse à la collaboration scientifique apportée au Pentagone par ce spécialiste de la « loi de l’extinction » pendant la guerre d’Irak. Les deux hommes sont rejoints dans leur solitude par Jessie, la fille d’Elster…

Des images étirées à l’infini du film d’Hitchcock aux mots, toujours plus rares, qu’échangent trois personnages face aux illisibles étendues du désert, Point Oméga invite à découvrir les perceptions inédites provoquées par une temporalité mutante, et à prendre ainsi la mesure secrète du monde. Enigmatique et troublant, ce roman en forme d’arrêt sur image radiographie notre civilisation postmoderne impuissante, dans son agitation, à éprouver la matière mouvante qui donne forme à l’univers.

Mon avis : C’est long. C’est très long. Tout l’intérêt du livre est dans cette forme particulière qui étire le temps. Mais c’est vraiment son seul intérêt. Il très compliqué de ne pas décrocher. Seule l’intrigue autour de Jessie et la conclusion rajoute un peu de piquant dans cette fresque immobile. Je n’ai pas détesté ce livre non plus, mais c’est clair que je n’aurais pas choisi de le lire de moi-même. Heureusement, il était court. Etirer le temps était une technique intéressante mais sur 150 pages, c’est un peu trop !

Le Livre des Illusions

Le Livre des illusions de Paul Auster

Traduit de l’anglais par Christine Le Boeuf

Résumé :

Après la mort de sa femme et de ses enfants, David Zimmer était anéanti. S’il a pu échapper au désespoir, c’est grâce à l’écriture d’un livre consacré à Hector Mann, virtuose du cinéma muet porté disparu depuis 1929. Un soir, une jeune femme débarque chez lui en lui annonçant que Hector Mann lui-même le réclame de toute urgence sur son lit de mort. David se laisse entraîner dans un très long voyage…
En racontant l’histoire de l’extraordinaire et mystérieux Hector Mann, Paul Auster nous emmène bien au-delà de la magie du cinéma muet et porte ce livre au cœur d’un univers envoûtant où la création artistique semble faire écho aux sentiments amoureux dans ce qu’ils ont de plus éphémère et de plus fragile, où la douleur de la perte et le besoin de filiation se répondent pour remettre en question l’idée même de mémoire.

Mon avis : C’était le livre le plus épais des trois du séminaire mais c’est celui qui m’a le plus plu. Peut-être la forme plus « classique » du roman a pesé dans la balance ? J’ai été embarqué dans l’histoire de Hector Mann et j’ai adoré découvrir son passé. David Zimmer m’a un peu moins plu. Et la romance qui intervient brusquement m’a franchement déplue. Mais c’est le seul point noir du livre, qui m’a globalement plu, malgré sa taille et le peu de temps que je pouvais consacrer à la lecture. Même si je n’aurais probablement pas lu ce livre de moi-même, j’étais contente de pouvoir le découvrir dans le cadre du Master.

Cinéma

Cinéma de Tanguy Viel

Résumé :

Le narrateur est obsédé par un film. Ce film, il l’a vu des dizaines de fois et il le trouve exceptionnel. Il nous livre ici le résumé détaillé de l’oeuvre en nous mettant en garde contre la facilité de la critique. Il nous prévient à l’avance des détails importants, nous explique ce qui n’est parfois compris qu’après plusieurs visionnages, nous décrit précisément l’action passée, présente et future.

Alignant son train de vie sur ce film et jugeant son entourage selon les réactions pendant et après le visionnage, le vie du narrateur « ne tient qu’à ce film ».

Mon avis : J’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style. Autant la première personne ne me dérange pas tellement, autant les phrases trop longues me perdaient parfois. Je me suis accrochée pour finir ce livre, surtout quand on apprend la fin à peu près au milieu, volonté du narrateur de nous retirer le suspens pour que l’on se concentre sur les détails qui lui semblent important. L’idée est originale et très bien exécutée (les remarques du narrateur sont très justes et permettent de mieux appréhender le film Sleuth). Mais ce n’est vraiment pas un livre que je relirai avec plaisir.